V.

Il fait nuit, nous sommes une soirée glaciale de décembre. Tout est recouvert de givre. Pourtant, il est là. Seul. Les collines scintillent à la lueur des étoiles. Il porte un chapeau et dans son dos est perchée une guitare. La fumée d'une cigarette s'élève, formant des rivières imaginaires. Il s'assoit. Un oiseau passe. Un oiseau de feu, un oiseau qui luit dans la pénombre. Un oiseau au plumage roux. Un oiseau démesuré. Comme un monstre. Lui, le regarde avec douceur. L'oiseau plonge ses yeux dans les siens, pousse un cri strident et disparait. Lui commence à jouer, lentement, comme s'il éveillait son instrument. Ses doigts frôlent doucement les cordes. La mélodie, douce mais puissante, s'accélère. Ses mains vont maintenant si vite qu'on peut à peine les apercevoir. Une dernière note sonne puis c'est le silence. L'encre du ciel se mue couleurs pâles. L'aube est là. Il se lève, allume une nouvelle cigarette. Regarde le ciel, immense, aperçoit un éclair roux. Souris.

Au Vagabond. Vagabond que j'aime.
Ja volim te.
V.

# Posté le samedi 05 septembre 2009 05:39

Modifié le dimanche 18 octobre 2009 13:51

Madone, ma Madone.

Il est debout, appuyé contre le mur. Il a de grands yeux noirs. Un regard si profond que l'on pourrait s'y noyer. Dissimulé sous un chapeau a grands bords. Inaccessible. Euphorie des êtres, euphorie des corps. Masse d'humanité qui émane de la scène. Il contemple sans réagir. Ce qui le rend encore plus beau. La mélodie qui nous transporte. La mélodie qui nous oublie. Oublier. Partir. S'évader. Les cris, les gestes. Tout. Et rien a la fois. Une fois sortie de la pénombre magique de la salle. Le froid. La neige. Étincelante à la lueur des étoiles. Buée sur les vitres des bistrots qui ne fermeront qu'a l'aube. Sentir que c'était tout juste bon. Le crissement des bottines dans les flocons. Emmitouflée dans des pulls informes. On tourne la clef dans la serrure de l'appartement. Le vieil appartement. Au coin de la ruelle sombre. Chaleur. Se jeter sur le lit grinçant, sans même prendre la peine de se dévétir. S'endormir avant même de toucher l'oreiller. L'oreiller en plume. Doux. Des images reviennent. C'était beau. Simple et grand. Une bouffée de vie. Et son sourire.
Madone, ma Madone.

# Posté le vendredi 09 octobre 2009 12:08

A, B, C...

A, B, C...
Un gout indélébile dans la bouche. Sur les lèvres. Gourmandise oubliée.
On s'acharne, s'obstine. Pourquoi toujours courir a l'inverse du vent ? Frustration intense, angoisse. Et au milieu de tout ça, le vide, le silence. Le Blizzard qui souffle, de plus en plus fort, balayant les feuilles mortes de l'avenue déserte. La bruine se met a tomber, le clapotis des gouttes d'eau dans les flaques amuse les arbres, seuls témoins de cette fin d'été. Mal être, une haine qui grandit peu à peu, comme un monstre tapi au fond du ventre. Il avale tout. On ne voit plus que Lui. Haine de l'autre. Haine de tout. Oublier, forget, forgot, forgotten en anglais. Plus facile a dire qu'a faire [rires]. Ce n'est pas forcément drôle. Un poison lent qui se répand dans nos veines. Une souffrance presque agréable qui nous détruit, et pour une raison inconnue, on en redemande. S'allonger dans les collines au beau milieu d'une tempête et voir les éclairs zébrer le ciel. Vivre. C'est laissé transpirer ses sentiments.
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# Posté le vendredi 09 octobre 2009 12:16